6 observations de la ronde préliminaire

Équipe Canada junior a terminé au sommet du groupe A grâce à plusieurs victoires dominantes. Photo : Hockey Canada.ca.

Beaucoup de festivals offensifs, des performances individuelles impressionnantes, des gardiens qui épatent et des équipes qui causent des surprises. L’édition 2021 du Championnat du monde de hockey junior ne fait pas exception aux nombreuses histoires qui reviennent d’année en année. Il y a cependant toujours certains joueurs ou certaines équipes qui ressortent du lot, dépendamment de leurs performances. Voici six de mes observations de la ronde préliminaire du tournoi.

Byram, Stützle et Zegras sont prêts pour la LNH

Chaque année, nous avons l’occasion de voir des joueurs dominer les formations adverses et prouver qu’ils sont prêts à faire le saut chez les professionnels. Cette année est encore plus spéciale puisque la saison de la LNH débutera après le tournoi et les formations du circuit Bettman ont ainsi la chance de voir leurs espoirs à l’œuvre avant le début des camps d’entraînement. Parmi tous les joueurs présents au championnat, il y en a trois qui ressortent du lot. Il s’agit de Bowen Byram, défenseur canadien appartenant à l’Avalanche du Colorado, Tim Stützle, l’Allemand choisi au troisième rang du dernier repêchage par les Sénateurs d’Ottawa, et Trevor Zegras, l’espoir américain des Ducks d’Anaheim.

Zegras et Byram ont en commun le fait d’être les meilleurs joueurs de leur formation bourrée de talent. Zegras est même, aux yeux de plusieurs, le meilleur joueur du tournoi. Ils contrôlent le jeu sur tous les aspects. Zegras est rapide, a une excellente vision du jeu et possède tout un tir. Byram est mobile, physique et intelligent avec la rondelle. Ce ne sont que quelques qualités qui ressortent chez ces deux jeunes, que l’on devrait voir dans la LNH en janvier. Pour ce qui est de Stützle, celui-ci trouve le moyen d’être dangereux à chaque présence, même en jouant pour une formation diminuée comme l’Allemagne. Même dans la défaite de 16-2 face au Canada, il a montré de belles choses et s’est offert quelques occasions de marquer. Il sera assurément l’un des joueurs étoiles à Ottawa prochainement.

Trevor Zegras a été le meilleur joueur du tournoi lors de la ronde préliminaire. Photo : NHL.com.

Je pourrais ajouter quelques autres noms à cette liste, notamment celui du défenseur suédois Phillip Broberg, qui appartient aux Oilers d’Edmonton, mais le directeur général de la formation albertaine, Ken Holland, a déjà annoncé que Broberg retournerait finir la saison dans la SHL.

La COVID n’a pas ralenti la Suède

Avec une éclosion de COVID-19 au sein de la formation suédoise tout juste avant le début du tournoi, on était non seulement en droit de se demander si l’équipe allait pouvoir maintenir sa séquence de victoires en ronde préliminaire, et même si elle allait être en mesure de prendre part à la compétition. Avec plusieurs joueurs et l’entraîneur-chef en dehors de l’équation, la Suède était considérée comme désavantagée, en comparaison à la Russie et aux États-Unis. Toutefois, les Suédois ont été en mesure de dominer le groupe B malgré les absents. Mené par Philip Broberg, Lucas Raymond et Alexander Holtz, pour ne nommer que ceux-ci, le Tre Konor a commencé par expédier la République tchèque et l’Autriche, avant de donner énormément de fil à retordre à la Russie. Malgré une défaite plus importante contre les États-Unis et la fin de sa séquence de victoires en ronde préliminaire, la Suède a réussi à montrer qu’elle serait un important joueur lors de la ronde des médailles, malgré les embûches causées par la pandémie.

Brad Lambert est vraiment spécial

Shane Wright aura de la compétition pour le titre de meilleur espoir en vue du repêchage de 2022. À 16 ans, Lambert s’est non seulement taillé une place sur l’équipe finlandaise, mais il l’a fait sur le deuxième trio et sur la deuxième vague de l’avantage numérique. Toujours menaçant avec le disque, il n’y a pas d’endroit sur la glace où il n’arrive pas à créer quelque chose. En plus de son excellent tir, il possède déjà un sens du hockey incroyable, ce qui est plutôt rare pour un joueur de son âge. Il doit encore travailler son côté physique, mais il pourrait facilement être le meilleur joueur du tournoi dans deux ans.

Les Tchèques et les Slovaques compensent leur manque de talent

À première vue, la République tchèque et la Slovaquie ne devaient pas être des puissances du tournoi. La raison est simple, il manquait de talent au sein de ces deux formations. Elles ont toutefois été en mesure de donner des maux de tête à la Russie et au Canada respectivement, notamment grâce à un système défensif collectif impressionnant. Le brio de Samuel Hlavaj devant la cage des Slovaques doit également être souligné. Grâce à ces deux éléments, la Slovaquie a tenu tête aux 19 choix de premier tour de l’équipe canadienne jusqu’à la toute fin de leur rencontre, qui s’est conclue 3-1, en faveur de l’unifolié.

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Même si sa fiche n’est pas la plus impressionnante, Samuel Hlavaj est la raison principale pour laquelle la Slovaquie a avancé à la ronde des médailles. Photo : Photos André.

La République tchèque, pour sa part, à causé LA surprise du tournoi en l’emportant 2-0 face à la Russie, considérée par plusieurs comme l’équipe à battre dans le groupe B. Après une cuisante défaite de 7-1 aux mains de la Suède, il s’agit d’une victoire qui a fait beaucoup de bien aux Tchèques.

Encore une fois, malgré les belles performances individuelles de Hlavaj ou Martin Chromiak chez les Slovaques et de joueurs comme Jan Mysak, Michal Teply et Martin Lang chez les Tchèques, c’est le jeu collectif de ces deux équipes qui a compensé leur manque de talent et de profondeur et qui leur a permis de surprendre le monde du hockey junior.

Le Canada a trop de talent

C’est tout le contraire pour le Canada qui, malgré une abondance de talent, peine à être convaincant dans l’aspect collectif du jeu. Le match contre l’Allemagne ne peut pas compter comme rencontre baromètre puisque l’équipe de Tim Stützle était réduite à 14 joueurs et deux gardiens plutôt… mauvais.

Individuellement, les joueurs canadiens démontrent de belles choses. Bowen Byram est dominant dans toutes les facettes du jeu, Dylan Cozens est rapide et créatif et Connor McMichael est toujours dangereux, mais, trop souvent, ceux-ci essaient de trop en faire tout seul. Le Canada se retrouve régulièrement avec plusieurs joueurs au même endroit en zone offensive parce que les quatre joueurs libres n’arrivent pas à anticiper ce que le porteur de la rondelle va faire. C’est quelque chose qui passe facilement contre des équipes comme la Suisse ou l’Allemagne, mais pas contre des formations comme la Slovaquie, dont le système défensif est justement conçu pour contrer les efforts individualistes.

Ce sera également un problème contre la Russie, les États-Unis et même la République tchèque.

Los Angeles, Buffalo, Nashville et Montréal peuvent sourire
Kaiden Guhle fait mentir ceux qui étaient déçus de sa sélection au 16e rang par les Canadiens de Montréal. Photo : NHL.com.

Il y a quelques équipes de la LNH qui ont le sourire aux lèvres en regardant la progression et le jeu de certains de leurs espoirs qui, sans nécessairement être les meilleurs joueurs du tournoi, ni même de leur équipe respective, démontrent de belles choses depuis le début de la compétition. Parmi celles-ci, on note les Kings de Los Angeles, les Sabres de Buffalo, les Prédateurs de Nashville et les Canadiens de Montréal.

Avec neufs espoirs au tournoi, il était certain que les Kings allaient avoir quelques joueurs impressionnants. En fait, la majorité de ceux-ci connaissent un excellent tournoi. Même si Alex Turcotte n’est pas nécessairement le joueur dominant que l’on aurait souhaité, il est tout de même assez bon sur quelques aspects du jeu. Quinton Byfield était également une valeur sûre, tout comme Tomas Bjornfot. Toutefois, Martin Chromiak, de la Slovaquie, et Kasper Simontaival, de la Finlande, se sont établis comme des incontournables de leur formation respective de bien des manières, ce qui a de quoi surprendre Los Angeles de manière positive.

Pour Buffalo, il ne s’agit pas de surprises, mais bien de confirmations du talent de leurs espoirs présents. Dylan Cozens, Jack Quinn et John-Jason Peterka sont tous les trois très impliqués pour leur équipe et seront certainement des importants rouages de l’avenir des Sabres. Même son de cloche chez les Prédateurs, qui surveillaient particulièrement Philip Tomasino et Yaroslav Askarov, mais qui ont probablement été agréablement surpris par Juuso Parssinen, qui se donne en spectacle avec la Finlande.

Dans le cas des Canadiens, même si Cole Caufield ne connaît pas le tournoi espéré en termes de production offensive, il démontre beaucoup d’amélioration, notamment sur son coup de patin et son sens du jeu en zone offensive. Ce sont toutefois les deux premiers joueurs repêchés par le CH en 2020 qui ont de quoi le faire sourire. Kaiden Guhle impressionne avec le Canada, tant par son jeu défensif impeccable que par son implication offensive. De son côté, Jan Mysak a démontré qu’il était un joueur très complet qui pourrait aider Montréal dans plusieurs situations.

La ronde des médailles s’amorce demain alors que les huit équipes seront en action. Le Canada disputera le troisième match de la journée et affrontera la République tchèque.

Yohan Carrière

Après un stage d'exploration à RDS en 2015, Yohan Carrière débute officiellement sa formation journalistique au cégep Marie-Victorin en 2017. Aujourd'hui étudiant en journalisme à l'UQAM, il compte à son actif plusieurs collaborations, notamment à la radio et en vidéo avec L'Avantage Terrain et à l'écrit avec le magazine L'apostrophe. Ex-joueur et entraîneur de hockey-cosom au sein du RSEQ, il garde un intérêt pour le sport-étudiant, mais se spécialise surtout dans le monde du hockey, du baseball et du tennis professionnel.

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