Hockey féminin : les portes s’ouvrent enfin

Emerance Maschmeyer, Mélodie Daoust et Dani Cameranesi. Photo : Liam Richards (La Presse canadienne).

La dernière semaine a été fructueuse pour le hockey féminin. D’abord, les Rangers de New York ont annoncé un partenariat avec l’Association des joueuses professionnelles de hockey féminin (PWHPA), alors que les joueuses américaines disputeront un tournoi au mythique Madison Square Garden à la fin du mois. De plus, le Centre de hockey féminin de haute performance 21.02, projet mené par Danièle Sauvageau, a annoncé qu’il est maintenant membre de l’Institut national du sport du Québec (INS). Enfin, la PWHPA a pu profiter du soutien des Maple Leafs de Toronto.

Karell Émard, joueuse de hockey professionnelle bien impliquée au sein de la PWHPA, se réjouit de ces annonces positives. Elle se montre même optimiste quant à l’idée de revoir du hockey féminin dans la prochaine année.

Ça redonne un petit bout en train, une petite motivation. On l’attendait beaucoup, on en avait parlé et on savait que ça s’en venait. C’était quelque chose d’assez excitant à annoncer au public. Le timing n’aurait pas pu être mieux, avec tout ce qui se passe dans le monde du hockey présentement. C’est un bon moment pour remotiver les jeunes autour du sport et pour leur dire qu’on aura du hockey en 2021.

Karell Émard

Au sujet des plus récents partenariats, notamment avec les déodorants Secret, la Banque Scotia, Sonnet Assurance, l’entreprise spécialisée en statistiques avancées, utilisées par la LNH, Sportlogiq et SunLife Assurance, Émard est optimiste quant à l’avenir du hockey féminin.

Je crois que les gens ont réalisé à quel point le hockey féminin mérite d’être vu par le public. Peu importe les merveilleux commentaires qu’on peut recevoir sur nos médias sociaux, c’est vraiment un velours pour nous que les compagnies veuillent nous aider à atteindre un niveau supérieur. On parle de grandes compagnies, mais une équipe comme les Rangers de New York, c’est une parmi tant d’autres. On est très choyé et on espère que ça va se poursuivre, ça c’est sûr.

Karell Émard
Montréal bien organisé avec le Centre 21.02

Depuis au-delà d’un an et demi, l’ex-entraîneuse en chef de l’équipe canadienne de hockey féminin lors de la première conquête de la médaille d’or olympique, Danièle Sauvageau, mène un projet qui laissera un grand lègue pour les hockeyeuses québécoises et canadiennes, tel qu’un centre de haute performance de hockey féminin. D’ailleurs, le nom 21.02 vient commémorer la date du 21 février 2002, jour où le Canada a remporté sa première médaille d’or olympique en hockey féminin. Basé à l’auditorium de Verdun, le Centre sert de lieu de développement pour les joueuses de hockey, provenant autant du Québec que de l’extérieur.

Sauvageau mentionne d’ailleurs que le Centre 21.02 est primordial pour le futur du hockey féminin. Le projet sur lequel travaille cette grande dame du hockey se veut un lieu central pour les joueuses professionnelles, et même pour les hockeyeuses qui viennent de finir leur parcours universitaire, autant au Québec qu’à l’extérieur.

Au Centre 21.02, on s’est donné comme philosophie que les filles qui y seront nous représenterons à des championnats mondiaux, donc on va assurer un entraînement. Même s’il y a une équipe de hockey professionnelle demain matin, et ce ne sont pas toutes les filles qui vont jouer pour l’équipe de Montréal, on va quand même avoir un club-école. Par contre, il n’y a aucune autre structure ailleurs au Canada qui va assurer un endroit où jouer pour une fille qui gradue de l’université.

L’Association des joueuses (PWHPA) est un regroupement de joueuses qui attendent pour avoir une ligue. Si la PWHPA veut une ligue après les Jeux olympiques de Pékin, en 2022, on va faire quoi pour la prochaine année? Ça fait deux ans que les filles n’ont pas joué! Il n’y a aucun autre endroit au Canada qui a obtenu une dérogation permettant aux joueuses d’être sur la patinoire. Par contre, nous on l’a eue parce que nous sommes un centre de haute performance. Donc, on est le chaînon manquant pour le développement du hockey féminin.

Danièle Sauvageau

Elle rappelle que des villes comme Toronto ou New York n’ont pas une structure aussi solide que celle de Montréal. Danièle Sauvageau souhaite que les filles puissent avoir un lieu central pour les préparer pour le niveau supérieur.

On n’en a pas de club-école pour le hockey féminin! Pourquoi n’y a-t-il pas de fusion entre les deux ligues? Même s’il y a une ligue professionnelle, le Centre à Montréal va permettre aux filles d’élite et d’excellence d’avoir un endroit assuré où jouer. Ce qu’on veut, c’est un endroit où les filles peuvent s’entraîner pour les faire jouer au niveau professionnel. Ça vient mettre la table à une équipe professionnelle.

Danièle Sauvageau

D’ailleurs, le Centre 21.02 a un appui de taille de longue date en Geoff Molson, propriétaire, président et chef de la direction du Club de hockey Canadien. Rappelons que le CH avait un partenariat avec les Stars de Montréal, devenues les Canadiennes dans la défunte Canadian Women Hockey League (CWHL).

Capture d’écran : Citation de Geoff Molson. Source : Site web du Centre 21.02 (centre2102.com).

Geoff Molson est avec nous depuis le jour 1 de l’aventure. Avec le Centre de haute performance, il est conscient qu’il y a une lacune, parce qu’il n’y a pas d’endroit où jouer pour les filles qui finissent l’université et qui souhaitent jouer au niveau professionnel. Il sait ce que ça prend pour pousser le talent vers le haut. Il était là avec les Canadiennes. Le Canadien a toujours été présent pour le hockey féminin. Geoff Molson a toujours été là et le sera toujours.

Danièle Sauvageau

Tristan Mac

Passionné de communication et de radio, Tristan œuvre dans le monde du sport depuis quelques années. Il est également édimestre surnuméraire au 98,5 FM et animateur de sport à CKVL 100,1 FM. Il s'implique aussi dans les communications pour les équipes sportives du Cégep André-Laurendeau. Il souhaite ardemment une plus grande couverture du sport féminin.

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