Il faut demeurer réaliste

Le Canadien de Montréal devrait participer aux séries éliminatoires cette saison, mais on ne peut pas encore parler de Coupe Stanley. Crédit photo : Ryan Remiorz / CP.

Le Canadien de Montréal a connu une saison morte plutôt mouvementée en s’améliorant sur plusieurs aspects. Grâce aux nombreuses acquisitions de Marc Bergevin, plusieurs voient déjà l’équipe comme un prétendant à la Coupe Stanley dès cette année.

La saison morte est l’occasion pour les partisans de hockey de recommencer à rêver à la Coupe Stanley, avec le repêchage, les transactions et les signatures de joueurs vedettes sur le marché des joueurs autonomes. Cette année, le Canadien de Montréal a été l’une des équipes les plus actives en ajoutant un bon nombre d’éléments à sa formation. Ces ajouts ont de quoi réjouir les partisans de Montréal puisque l’équipe présente un alignement particulièrement excitant, en comparaison aux dernières saisons. Le directeur général, Marc Bergevin, a réussi à « cocher les quatre cases » qu’il avait sur sa liste. Toutefois, aucune de ces acquisitions n’a permis au Canadien de devenir une équipe prétendante à la Coupe Stanley.

Examinons ces acquisitions de plus près :
Tyler Toffoli

Tyler Toffoli est le genre de joueur dont le Canadien avait besoin. Un bon marqueur au bon gabarit. Toffoli pourrait facilement compléter un trio composé de Nick Suzuki et Jonathan Drouin, mais je le vois plutôt évoluer à l’aile de Jesperi Kotkaniemi. Toffoli aurait été parfait pour Montréal s’il avait été gaucher. Il a certes passé une bonne partie de sa carrière à l’aile gauche, mais sa position naturelle demeure à droite, endroit où il y a congestion au sein de l’organisation. Les attentes des partisans ne doivent pas être trop élevées cependant. Toffoli n’a qu’une seule saison de 30 buts à son actif.

Josh Anderson

Josh Anderson est aussi le genre de joueur dont le Canadien avait besoin. Cependant, il représente un plus grand risque, non seulement par son contrat de sept ans, mais également par sa production. Lorsqu’il est en santé, Anderson est un marqueur de 25 buts et 50 points au minimum. Il a toutefois été limité par une blessure l’an dernier, en plus de connaitre une mauvaise récolte, avec un maigre 4 points en 26 matchs. N’oublions pas que le Canadien a sacrifié Max Domi, dont la production était supérieure à celle d’Anderson.

Joel Edmundson

Une chance que Montréal compte sur une bonne profondeur du côté gauche de la défense puisque la seule fois où Joel Edmundson a disputé plus de 69 matchs dans une même saison, c’était lors de sa première année junior à Moose Jaw. Il est toutefois le partenaire idéal pour Jeff Petry et devrait sauver celui-ci en zone défensive. Il a également l’expérience des séries, mais ne comptez pas sur lui pour produire des points et appuyer l’attaque massive.

Jake Allen

4,35M$, c’est cher pour un gardien numéro deux, surtout quand ton partant gagne 10M$ par saison. Montréal se trouve toutefois avec le meilleur duo de gardiens de la LNH pour 2021. Par contre, Montréal se serait aussi retrouvé avec le meilleur tandem en signant Corey Crawford à 3,5M$ et ne dépasserait pas le plafond salarial.

Aucune pression en séries
Jesperi Kotkaniemi et Nick Suzuki ont encore des croûtes à manger avant d’être de véritables premiers centres. Crédit photo : NHL.com.

Personne ne voyait Montréal comme une véritable puissance lors des dernières séries éliminatoires. En étant l’équipe la moins bien classée du tableau, le Canadien se retrouvait sans aucune pression de performance puisque le simple fait de remporter un match contre Pittsburgh dépassait les attentes. Cette liberté a permis à Jesperi Kotkaniemi et Nick Suzuki d’être dominants, à Ben Chiarot de devenir un défenseur top 3 et à Carey Price de revenir à son niveau de jeu de 2015.

Cette année, par contre, la pression sera énorme sur les hommes de Claude Julien, qui devront prouver aux partisans qu’ils ont ce qu’il faut pour rivaliser avec les grandes puissances de la ligue. Les joueurs mentionnés plus tôt devront également convaincre les partisans que leur performance lors des séries n’était pas un feu de paille. La pression sera également grande sur Marc Bergevin, pour qui une exclusion des séries éliminatoires signifierait probablement un congédiement.

Voici à quoi pourrait ressembler la formation du Canadien lors du match d’ouverture :

Tomas Tatar – Phillip Danault – Brendan Gallagher

Jonathan Drouin – Nick Suzuki – Josh Anderson

Artturi Lehkonen – Jesperi Kotkaniemi – Tyler Toffoli

Ryan Poehling – Jake Evans – Joel Armia

Extra : Alex Belzile

Ben Chiarot – Shea Weber

Joel Edmundson – Jeff Petry

Alexander Romanov – Cale Fleury

Extra : Brett Kulak

Carey Price

Jake Allen

Si la formation du Canadien est certes plus attrayante que celle des dernières années, force est d’admettre que celle-ci n’est toutefois pas encore au niveau des équipes championnes de la Coupe Stanley des dernières années. Il y a encore quelques lacunes. Premièrement, au centre, l’équipe n’a toujours pas de véritable numéro un. Que ce soit Brayden Point, Ryan O’Reilly, Sidney Crosby, Jonathan Toews ou un autre, chacune des dernières équipes à avoir soulevé le précieux trophée était dotée d’un ou même deux centres de première ligne. Chez le Canadien, Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi représentent de beaux espoirs, mais n’ont pas encore atteint le niveau des joueurs mentionnés plus tôt. D’ailleurs, en parlant de Suzuki, les partisans devront prier que celui-ci ne vive pas la fameuse guigne de la deuxième année.

Il manque également un élément primordial à la brigade défensive du Canadien : un défenseur mobile à caractère offensif capable de relancer l’attaque. J’entends déjà les partisans crier le nom de Jeff Petry, ce à quoi je leur réponds : qui est le deuxième? Shea Weber a certes une moyenne de points respectable, mais il récolte surtout ses points grâce à son lancer frappé. Ce n’est pas le genre de défenseur à traverser la patinoire pour installer l’attaque. Même constat pour Ben Chiarot, Joel Edmundson, Cale Fleuy et Alexander Romanov, qui sont plutôt des défenseurs à caractère défensif. Considérant que Jeff Petry ne peut pas jouer 30 minutes par match, il faudrait que Claude Julien puisse miser sur au moins un autre défenseur mobile. Surtout considérant que le rôle de Victor Mete cette saison semble très incertain.

Même pas au sommet dans la « division canadienne »
Si les sept équipes canadiennes se retrouvent dans une même division, les Maple Leafs de Toronto seront les favoris pour terminer en première place. Crédit photo : NHL.com.

Si la rumeur suggérant que les sept équipes canadiennes formeront une division lors de la prochaine saison se concrétise, Montréal ne se verra aucunement avantagée. En fait, parmi les six autres formations, je m’avancerais à dire que, sur papier, seuls les Sénateurs d’Ottawa ont une moins bonne formation que celle de Claude Julien. Les Canucks de Vancouver ont une formation plutôt similaire, mais les autres équipes sont toutes supérieures au Canadien. Les Maple Leafs ont profité de la saison morte pour ajouter la profondeur qu’il leur manquait à l’attaque et solidifier leur brigade défensive. Les Jets n’ont pas la meilleure défense, mais ont certainement une meilleure attaque que Montréal, en plus d’avoir l’un des cinq meilleurs gardiens de but du circuit en Connor Hellebuyck. À Edmonton, il ne manque qu’un gardien numéro un pour qu’on parle de l’une des trois meilleures formations de la LNH au complet et, à Calgary, on a finalement un partant de premier plan, ce qui rend les Flames encore meilleurs qu’ils ne l’étaient déjà. Bref, ce sera loin d’être facile pour le Tricolore s’il doit se mesurer à ces six formations tout au long de la saison.

Les partisans du bleu-blanc-rouge devront encore s’armer de patience puisqu’il est insensé de parler de conquête d’ici trois ans. Le futur est cependant plus que prometteur et il se pourrait bien que l’on voit une parade sur la rue Sainte-Catherine dans cinq ou six ans.

Yohan Carrière

Après un stage d'exploration à RDS en 2015, Yohan Carrière débute officiellement sa formation journalistique au cégep Marie-Victorin en 2017. Aujourd'hui étudiant en journalisme à l'UQAM, il compte à son actif plusieurs collaborations, notamment à la radio et en vidéo avec L'Avantage Terrain et à l'écrit avec le magazine L'apostrophe. Ex-joueur et entraîneur de hockey-cosom au sein du RSEQ, il garde un intérêt pour le sport-étudiant, mais se spécialise surtout dans le monde du hockey, du baseball et du tennis professionnel.

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