La fin de la disette approche

Patrick Roy célèbre la conquête de la Coupe Stanley par le Canadien de Montréal en 1993. Crédit photo : NHL.com.

La dernière conquête de la Coupe Stanley par une équipe canadienne remonte à 1993. En 2016, aucune des sept équipes n’a été en mesure de se qualifier pour les séries éliminatoires. Toutefois, les dernières années ont permis à celles-ci de rebâtir et se préparer à prendre la LNH d’assaut. Voici un résumé de la situation de chaque équipe canadienne et combien de temps environ leurs partisans devront attendre avant de voir leur équipe aspirer aux grands honneurs.

Flames de Calgary

Les Flames n’ont pas la banque d’espoirs la plus fournie de la LNH, mais leur alignement est déjà assez impressionnant. Il leur manque également un vrai gardien numéro un, mais le reste de la formation compense facilement. Johnny Gaudreau a certes connu une saison en deçà des attentes, mais il fait toujours partie de l’élite. Sean Monahan, Elias Lindholm et Matthew Tkachuk complètent le noyau à l’attaque.

En défense, Calgary a mis la main sur Erik Gustafsson à la date limite des transactions pour venir ajouter à une brigade déjà très intimidante. Avec Noah Hanifin en santé, les Flames pourraient faire un bon bout de chemin en séries éliminatoire cet année. Gustafsson, tout comme TJ Brodie et Travis Hamonic, se retrouvera toutefois sans contrat à la fin de la saison et Calgary n’aura malheureusement pas assez de place pour conserver tous ses défenseurs.

Sachant cela, les Flames n’ont plus le droit à l’erreur et doivent l’emporter cette année.

Oilers d’Edmonton
Connor McDavid, Leon Draisaitl et Zach Kassian durant l’interprétation des hymnes nationaux. Crédit photo : NHL.com.

Contrairement à la croyance populaire, les Oilers d’Edmonton, ce n’est pas simplement Connor McDavid et Leon Draisaitl. C’est également Ryan Nugent-Hopkins (61 points en 65 matchs), Kailer Yamamoto (26 points en 27 matchs) et Zach Kassian (34 points en 59 matchs). C’est Oscar Klefbom, Darnell Nurse et Ethan Bear en défense, en plus des espoirs comme Evan Bouchard, Philip Broberg et Jesse Puljujarvi.

Du côté des gardiens de but, Mikko Koskinen s’est affirmé comme vrai gardien numéro un. Il ne gagnera pas le trophée Vézina, mais il fait partie des 15 meilleurs gardiens de la ligue assurément. Le DG Ken Holland ne devrait pas avoir trop de difficultés à trouver quelqu’un pour remplacer Mike Smith, dont le contrat expirera à la fin de la présente saison.

Le problème avec les Oilers est au niveau du cap salarial. McDavid, Draisaitl et Nugent-Hopkins comptent ensemble pour 27 millions de dollars. On est loin des Maple Leafs, mais combinez cela au salaire trop élevé de James Neal (5,750M$) et aux horribles contrats de Benoît Pouliot et Andrej Sekera dont les rachats pèseront encore pour un et trois ans respectivement et vous vous retrouvez avec une situation légèrement problématique.

La vérité fait parfois mal et les fans des Oilers ne veulent pas l’entendre, mais Edmonton ne pourrait pas signer Taylor Hall cet été, même sans le contrat d’Adam Larsson…

Les Oilers auront tout de même une certaine fenêtre d’opportunité dans les 2-3 prochaines années.

Canadiens de Montréal

Oubliez la coupe à Montréal cette année, l’année prochaine et même l’année suivante. Le Canadien n’a simplement pas ce qu’il faut pour rivaliser avec les grandes puissances de la ligue, et ce, même quand Carey Price est au sommet de sa forme.

Cependant, Montréal mise sur l’une des meilleures banques d’espoirs de la LNH. D’ici trois ans, Cole Caufield, Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi, Alexander Romanov et Cayden Primeau devraient tous être bien établis avec le bleu-blanc-rouge. Montréal pourra également compter sur des joueurs comme Jake Evans, Ryan Poehling, Josh Brook et Cale Fleury qui ajouteront de la profondeur. N’oublions pas que Montréal devrait avoir un choix dans le top 10 au prochain repêchage, ce qui leur garantit presque un autre joueur d’impact pour le futur.

Si le directeur général Marc Bergevin parvient à retenir les services des vétérans comme Brendan Gallagher, Phillip Danault et Max Domi, en plus de Shea Weber et Price qui continuent à être efficaces malgré leur âge plus avancé, le Tricolore ne devrait alors avoir aucune misère à retrouver le chemin de la gloire.

Il faudra toutefois que les amateurs se montrent patients.

Sénateurs d’Ottawa

Un petit but a privé les Sénateurs de la finale de la Coupe Stanley en 2017. La déconstruction qui a suivi a vue l’équipe se retrouver dans les bas-fonds du classement depuis. Cette situation devrait changer très prochainement. Ottawa compte déjà sur des jeunes vedettes comme Thomas Chabot, Brady Tkachuk et Colin White, en plus de Drake Batherson, Alex Formenton et Erik Brännström qui évoluaient pour le club-école de Belleville cette saison.

L’avenir semble donc déjà prometteur pour les Sens, mais ceux-ci possèdent également trois choix de premier tour dont deux qui feront partie du top 10. Il sera facile pour Pierre Dorion de se tourner vers Tim Stützle et Jamie Drysdale pour venir bonifier sa banque d’espoirs de premier plan.

L’idéal pour Ottawa serait ensuite de mettre la main sur un bon gardien numéro un pour remplacer Craig Anderson. Avec 7 millions de dollars disponibles sous le plafond salarial, il serait surprenant de voir les Sénateurs être très actifs sur le marché des joueurs autonomes cet été, mais si Braden Holtby ou Jacob Markstrom acceptent de signer à rabais, le classement de la division atlantique pourrait être complètement renversé la saison prochaine.

Maple Leafs de Toronto

Les Maple Leafs sont assurément l’équipe la mieux bâtie pour remporter la Coupe Stanley cette saison. Avec les Auston Matthews, Mitch Marner, John Tavares et compagnie à l’attaque, en plus de la défensive bien garnie avec Morgan Reilly, Tyson Barrie et Jake Muzzin, Toronto pourrait s’en sortir avec un gardien de but ordinaire. Frederik Andersen est toutefois plus qu’un gardien de but ordinaire et pourrait remporter des matchs tout seul lors des séries.

Contrairement à la majorité des autres équipes canadiennes, La fenêtre d’opportunité des Maple Leafs ne s’ouvrira pas dans quelques années. Bien au contraire, elle est en train de se refermer. La raison est bien simple : les contrats de Tavares, Marner, Matthews et William Nylander composent ensemble près de la moitié du cap salarial. Avec plusieurs défenseurs et quelques pièces de profondeur qui seront sans contrat à la fin de la saison, il serait étonnant que Toronto puisse présenter un alignement aussi terrifiant au cours des prochaines saison. Surtout qu’à l’exception de Timothy Liljegren, les Leafs comptent sur très peu d’espoirs de premier plan.

Les hommes de Sheldon Keefe devront passer par le tour de qualification pour participer aux séries éliminatoires. Ils affronteront les Blue Jackets de Columbus qui pourraient représenter un adversaire coriace, mais en même temps leur permettre de bâtir la confiance nécessaire pour aller jusqu’au bout.

Canucks de Vancouver
Elias Pettersson, Bo Horvat et Brock Boeser célèbrent un but contre les Red Wings de Détroit. Crédit photo : Vancouver Canucks/Twitter.

Avec un noyau composé de Bo Horvat, Elias Pettersson, Brock Boeser, Quinn Hughes et Thatcher Demko, les Canucks sont presque revenus au niveau de l’équipe qui a échappé la Coupe Stanley face aux Bruins en 2011. Les ajouts de J.T. Miller et Tyler Toffoli ont permis à Vancouver de se retrouver avec l’un des meilleurs top 6 de la ligue.

La défense manque toutefois terriblement de profondeur et les gros contrats de Loui Eriksson et Tyler Myers, tout comme les résidus du contrat de Roberto Luongo ont menotté le directeur général Jim Benning qui a dû renvoyer Sven Baertschi dans les mineurs. Il sera également difficile pour Vancouver de signer Toffoli cet été et d’aller chercher le défenseur manquant à leur équation. Toutefois, les Canucks ont plusieurs options au niveau des espoirs. Vasili Podkolzin, Olli Juolevi, Kole Lind et même Jett Woo ont le potentiel de venir boucher les trous au cours des prochaines saisons.

Il y a deux ans, j’ai dit que Vancouver pourrait gagner la coupe d’ici 2023. J’y crois encore.

Jets de Winnipeg

Les Jets ont complètement manqué leur chance lorsqu’ils se sont fait éliminés par les Golden Knights il y a deux ans. L’édition 2018 des Jets avait tout pour remporter la Coupe et ils n’ont simplement pas été en mesure de livrer la marchandise. Deux ans plus tard, la formation des Jets est presque similaire et tout aussi nantie au niveau de l’attaque. Mark Scheifele, Blake Wheeler, Kyle Connor, Patrick Laine et Nikolaj Ehlers sont tous des joueurs capables de dicter le rythme d’une partie. Dans les buts, Connor Hellebuyck est considéré par plusieurs comme le seul candidat légitime au trophée Vézina pour cette saison. Jusqu’ici, aucun problème.

On se doit cependant de mentionner le rouleau compresseur qui est passé sur la brigade défensive de Winnipeg. Ben Chiarot, Tyler Myers et Jacob Trouba se toruvent désormais sous d’autres cieux et Dustin Byfuglien a simplement quitté l’équipe sans disputer un match cette saison.

C’est donc Josh Morrissey (31 points en 65 matchs) et Neal Pionk (45 points en 71 matchs) qui doivent assurer la défensive de l’équipe avec des coéquipiers comme Nathan Beaulieu (8 points en 38 matchs) et Tucker Poolman (16 points en 57 matchs)

Rien n’est impossible, mais disons que ce ne sera que plus compliqué pour les Jets dans les années à venir.

En résumé

Si je devais miser sur une équipe canadienne pour remporter la coupe cette année, ce serait sans aucun doute les Maple Leafs de Toronto ou les Flames de Calgary. Ces deux équipes risquent de faire un bon bout de chemin durant les séries. Toutefois, si l’on regarde vers l’avenir, Montréal, Ottawa, Edmonton et Vancouver pourraient devenir les grandes puissances de la ligue.

Yohan Carrière

Après un stage d'exploration à RDS en 2015, Yohan Carrière débute officiellement sa formation journalistique au cégep Marie-Victorin en 2017. Aujourd'hui étudiant en journalisme à l'UQAM, il compte à son actif plusieurs collaborations, notamment à la radio et en vidéo avec L'Avantage Terrain et à l'écrit avec le magazine L'apostrophe. Ex-joueur et entraîneur de hockey-cosom au sein du RSEQ, il garde un intérêt pour le sport-étudiant, mais se spécialise surtout dans le monde du hockey, du baseball et du tennis professionnel.

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