Une journée d’aubaines

Les Bruins ont profité de la mauvaise saison des Sabres pour obtenir Taylor Hall à rabais. Photo : NHL.com.

Si la date limite des transactions est souvent une journée où les équipes de la LNH surpayent pour mettre la main sur des joueurs de location, c’est plutôt le contraire qui s’est produit cette année alors que beaucoup de bons joueurs ont changé d’adresse en retour de presque rien.

Les équipes de la LNH avaient jusqu’à 15 h lundi pour procéder à des transactions. Si plusieurs équipes ont surpris les partisans par leur inaction, c’est plutôt le petit nombre de transactions monstres, dans le style de celles qui avaient envoyé Matt Duchene à Columbus et Mark Stone à Vegas en 2019, qui a retenu l’attention. De plus, à quelques exceptions près, les directeurs généraux de la ligue se sont gardé une petite gêne quant au prix à payer pour certains joueurs.

Les Islanders de New York ont ouvert le bal à quelques jours de la date butoir alors qu’ils ont envoyé un choix de premier tour, un choix conditionnel de quatrième tour ainsi qu’A.J. Greer et Mason Jobst, deux joueurs de 24 et 27 ans qui n’ont jamais percé dans la LNH, aux Devils du New Jersey. En retour, les Islanders ont obtenu Kyle Palmieri, un attaquant de puissance marquant en moyenne 50 points par saison, et Travis Zajac, qui, à 35 ans, demeure un excellent élément de profondeur. Il s’agit d’un prix relativement élevé, mais qui ne demeure pas grand-chose.

Des gros noms à petits prix

Encore une fois cette année, le gros poisson sur le marché des transactions était Taylor Hall. En 2019, le gagnant du trophée Hart en 2018 avait été échangé des Devils du New Jersey aux Coyotes de l’Arizona en retour de trois espoirs, d’un choix de première ronde et d’un choix de troisième ronde. Cette année, cependant, après un début de saison décevant, il est passé des Sabres de Buffalo aux Bruins de Boston en retour d’un choix de deuxième tour et d’Anders Bjork. Buffalo a également inclus Curtis Lazar dans la transaction et a retenu 50% du contrat de Hall. Pas cher payé pour les Bruins, qui mettent la main sur un joueur qui voudra se relancer après un mauvais début de saison, lui qui sera à nouveau joueur autonome à la fin de la campagne.

Les champions en titre de la Coupe Stanley, le Lightning de Tampa Bay, ont été actifs en obtenant le défenseur David Savard des Blue Jackets de Columbus. Si la question soulevée était comment Tampa Bay allait réussir à ne pas dépasser le plafond salarial avec le contrat de Savard, la réponse s’est avérée être l’ajout d’une troisième équipe dans la transaction. Les Red Wings de Détroit ont donc retenu 25% du contrat de Savard en retour d’un choix de quatrième ronde. Pendant ce temps, Columbus a retenu 50% du même contrat en échange de choix de premier et de troisième tour.

L’Avalanche du Colorado a également frappé un bon coup en ajoutant le gardien Devan Dubnyk à sa formation. Le vétéran de 34 ans et finaliste pour l’obtention du trophée Vézina en 2015 viendra ainsi assurer une bonne stabilité au poste de gardien de but numéro deux. L’Avalanche avait effectivement un gros besoin à ce poste depuis la blessure de Pavel Francouz. À l’approche des séries éliminatoires et d’une confrontation presque inévitable avec les Golden Knights de Vegas, le Colorado se devait de trouver un bon substitut à Philipp Grubauer afin de ne pas surtaxer ce dernier d’ici la fin de la saison. Encore une fois, le coût fut minime. Les Sharks se sont contentés d’un choix de cinquième tour et de Greg Pateryn.

Les Maple Leafs ont encore ajouté de la profondeur et de l’expérience avec Nick Foligno. Photo : NHL.com.

De leur côté, les Maple Leafs de Toronto ont acquis Nick Foligno des Blue Jackets et David Rittich des Flames de Calgary. Le premier vient s’ajouter au groupe de vétérans qui constitue la profondeur de la formation. Avec 16 points en 42 matchs cette saison, Foligno pourra certainement apporter une stabilité au centre du troisième ou du quatrième trio. Son jeu défensif aidera également les Leafs. On parle ici d’un joueur qui a un différentiel de seulement -3 en jouant pour l’équipe ayant accordé le quatrième plus haut total de buts cette saison. De plus, Toronto ne paye que 25% du salaire de Foligno, gracieuseté des Sharks de San Jose, qui ont accepté d’en retenir une partie en retour d’un choix de quatrième tour. Quant à Rittich, il devient une excellente deuxième option, derrière Jack Campbell, dans les filets, advenant que le retour de Frederik Andersen prenne plus de temps que prévu. Au total, les Leafs ont perdu un choix de premier tour et deux choix de quatrième tour, encore un prix très respectable, surtout considérant les rétentions de salaire.

Quelques moins bons coups

Certains directeurs généraux n’ont cependant pas pu s’empêcher de surpayer pour améliorer leur équipe. C’est ainsi qu’entrent en scène les Capitals de Washington, qui ont mis la main sur le Québécois Anthony Mantha des Red Wings. Le prix a été de loin le plus élevé en cette journée mouvementée, alors que Jakub Vrána (25 points en 39 matchs), Richard Pánik et des choix de premier et de deuxième tour ont été envoyés à Détroit. Ça, c’est cher payé pour un Mantha qui n’a jamais marqué 50 points en une saison et qui est souvent blessé.

Les Panthers ne se sont pas non plus gênés pour mettre la main sur Sam Bennett des Flames de Calgary. Un choix de deuxième tour et le jeune Emil Heineman ont été offerts aux Flames, qui semblaient chercher à transiger Bennett depuis un bon moment. Au final, considérant que Heineman est lui-même un ancien choix de deuxième tour, il n’est pas nécessairement faux de dire que les Panthers ont payé plus cher pour Bennett que ce que les Bruins ont payé pour Taylor Hall.

Les Canadiens optent pour la profondeur
Erik Gustafsson Philadelphia Flyers
L’arrivée d’Erik Gustafsson à Montréal a semblé plaire aux partisans du CH. Photo : Amy Irvin (The Hockey Writers).

Les Canadiens de Montréal ont choisi une approche plus conservatrice en cette journée de transactions. Deux ajouts ont été faits, tous deux du côté gauche de la ligne bleue et à de petits coûts. Le premier : Jon Merrill des Red Wings de Détroit, acquis le dimanche précédant la date limite. À l’image de Nick Foligno, Merrill réussit à maintenir un bon différentiel en jouant pour une équipe qui accorde beaucoup de buts. En effet, sa fiche de +2 le place au troisième rang chez les Wings et au premier chez les défenseurs. Il s’agit donc d’un joueur à caractère défensif qui sera très fiable dans sa zone. Il ne faut cependant pas s’attendre à une grande production offensive de sa part. Merrill n’a en effet connu qu’une seule saison de plus de dix points depuis 2015. En retour, le CH a cédé Hayden Verbeek et un choix de cinquième ronde à Détroit.

Ensuite, Montréal a mis la main sur Erik Gustafsson des Flyers de Philadelphie, qui est le contraire total de Merrill. Avec un très bon potentiel offensif (60 points en 2018-2019 avec Chicago), mais un apport défensif moindre, Gustafsson représente un petit risque pour les Canadiens, qui n’ont eu qu’à céder un choix de septième ronde. Les Flyers ont également accepté de retenir 50% du salaire du défenseur. Depuis deux ans, Gustafsson a connu quelques difficultés. Il a passé beaucoup de temps sur l’escouade de réserve des Flyers cette saison. S’il venait à revenir à sa forme de 2018, Marc Bergevin pourrait se retrouver avec l’un des vols de la décennie.

Dans les autres échanges à souligner, les Penguins de Pittsburgh ont mis la main sur Jeff Carter en retour de choix conditionnels de troisième et de quatrième tour, Dimitri Kulikov est passé des Devils du New Jersey aux Oilers d’Edmonton contre un choix conditionnel de quatrième tour et les Blackhawks de Chicago sont allés chercher Adam Gaudette à Vancouver en échange de Matthew Highmore. L’ancien des Canadiens Jordie Benn est passé des Canucks aux Jets en retour d’un choix de sixième ronde et Haydn Fleury, le frère de Cale, est désormais un membre des Ducks d’Anaheim, alors que Jani Hakanpää et un choix de sixième ronde ont pris le chemin de la Caroline.

C’est donc ce qui conclut la période d’échanges de la LNH de cette année. À l’issue de celle-ci, il est clair que l’Avalanche, le Lightning et les Maple Leafs ne visent rien de moins que la Coupe Stanley. Une seule équipe pourra cependant la remporter et les équipes aspirantes demeurent nombreuses. Seul le temps saura nous dire quelle équipe aura pris les meilleurs risques, mais il est certain que la fin de saison 2021 sera plus qu’excitante.

Yohan Carrière

Après un stage d'exploration à RDS en 2015, Yohan Carrière débute officiellement sa formation journalistique au cégep Marie-Victorin en 2017. Aujourd'hui étudiant en journalisme à l'UQAM, il compte à son actif plusieurs collaborations, notamment à la radio et en vidéo avec L'Avantage Terrain et à l'écrit avec le magazine L'apostrophe. Toujours considéré par ses pairs comme un excellent communicateur, il vise aujourd'hui à mettre sa voix et sa plume au service des amateurs de sports. En tant qu'ex-joueur et entraîneur de hockey-cosom au sein du RSEQ, il garde un intérêt pour le sport-étudiant, mais se spécialise surtout dans le monde du hockey, du baseball, du tennis et de la Formule 1.

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