NBA : De plus grandes responsabilités pour trois Canadiens

Murray (gauche), Gilgeous-Alexander (centre) et Boucher (droite) pourraient connaître leur meilleure saison en carrière en 2020-2021. Crédit photo : Cliquez ici.

Pour une deuxième année consécutive, la NBA a battu son record pour le nombre de joueurs provenant d’un pays autre que les États-Unis qui entament la saison. Pour une deuxième année consécutive, ce pays est le Canada. En raison notamment de l’incertitude entourant la campagne de la G League, 17 Canadiens font présentement partie d’une formation de la NBA. Parmi ceux-ci, Jamal Murray, Shai Gilgeous-Alexander et Chris Boucher devront monter leur jeu d’un cran alors que les attentes à leur égard se verront redoubler.

Jamal Murray en tête d’affiche des Nuggets

Denverois et Denveroises, il y a un nouveau shérif en ville. Sortant de l’ombre du grand Nikola Jokić, Jamal Murray s’élève devant vos yeux.

J’en mets peut-être trop, mais à la suite du parcours fulgurant du garde ontarien lors des plus récentes séries éliminatoires, difficile de ne pas s’emballer. Murray et Jokić ont pratiquement traîné leur équipe sur leur dos jusqu’en finale de l’Ouest, les deux joueurs étant les seuls des Nuggets à amasser plus de 12 points en moyenne par match durant la première et la deuxième ronde. Néanmoins, Denver risquant l’élimination à six reprises au cours de ces deux séries, c’est Jamal Murray qui s’est avéré la bougie d’allumage et le joueur clé dans les moments importants. En fin de compte, les performances du meneur lui ont valu environ sept minutes de plus de temps de jeu par rapport à la saison régulière.

« Je ne me vois pas arrêter là », a déclaré Murray après avoir remporté le trophée Sports Illustrated de l’éclosion sportive de l’année 2020. L’athlète de 23 ans veut continuer à s’améliorer cette saison et devenir la meilleure version de lui-même, en mettant encore plus d’efforts sur la défensive. Plusieurs analystes le voient déjà être récompensé du titre de joueur le plus amélioré de la NBA au terme de la campagne. Bien entendu, après avoir augmenté sa production offensive de 8 points par match pendant les séries, il part avec une longueur d’avance.

Ceci étant dit, Jamal Murray devra rester serein tout au long de la saison, alors que la pression se fera grandissante. Pour une organisation et des partisans qui ont souffert consécutivement de cinq exclusions des séries éliminatoires entre 2013 et 2018, l’avènement de ce compagnon parfait au centre vedette Nikola Jokić ne pouvait pas se faire attendre plus longtemps. Malgré la perte de Torrey Craig, Jerami Grant et Mason Plumlee pendant l’entre-saison, ceux-ci n’accepteront certainement pas de faire un pas en arrière en 2020-2021.

Gilgeous-Alexander, le cheval de tête du Thunder

Le Thunder d’Oklahoma City n’ayant jamais passé le premier tour du tournoi éliminatoire de la NBA depuis le départ de Kevin Durant, il y a quatre ans, le directeur général, Sam Presti, a choisi de faire le ménage cet été. Au cours de ce bouleversement, les partisans ont, entre autres, dû dire adieu aux vétérans Chris Paul, Steven Adams, Danilo Gallinari et Dennis Schröder.

Presti a ainsi envoyé un message clair à ses jeunes joueurs : ce sont eux qui devront aller au front pour ramener le Thunder dans les bonnes grâces de la ligue. Et c’est le Torontois Shai Gilgeous-Alexander qui ouvrira la marche.

Débutant sa troisième saison en carrière dans la NBA, le garde de 22 ans a toute la confiance de son patron, et ce dernier ne se gêne pas pour souligner les attentes qu’il a en ce joueur étoile en devenir. « Nous sommes en train de lui faire de la place pour qu’il puisse élargir son jeu et contrôler le ballon à plein temps. Nous avons une grande confiance en lui et nous lui montrons qu’il est une figure centrale de beaucoup de choses que nous souhaitons ultimement devenir », a expliqué Presti le mois dernier.

Nous sommes en train de lui faire de la place pour qu’il puisse élargir son jeu et contrôler le ballon à plein temps.

Sam Presti, à propos de Shai Gilgeous-Alexander.

Sans Paul et Schröder, Gilgeous-Alexander devient le meneur principal du Thunder. Il sera désormais au centre du système de jeu de l’entraîneur-chef, Mark Daigneault, une situation qui ne devrait pas trop le déstabiliser si l’on se fie à ses statistiques de la saison passée. Terminant la campagne avec une moyenne générale de 19,8 points par période de 36 minutes, Shai Gilgeous-Alexander affiche une meilleure production offensive en tant que pilote de l’attaque du Thunder, donc avec Chris Paul et Dennis Schröder sur le banc. Sans ces deux joueurs à ses côtés, sa moyenne de points par 36 minutes monte à 24.

En reconstruction, Oklahoma City ne s’attend pas à grand-chose en 2020-2021, ce qui retire un peu de poids sur les épaules de Shai Gilgeous-Alexander. Dans ces circonstances très peu angoissantes, le Canadien devra toutefois être en mesure d’assurer son rôle de leader du Thunder pour les années à venir.

Chris Boucher doit saisir sa chance

Tout est possible pour Chris Boucher cette saison. L’athlète de 27 ans a enfin une vraie chance parmi la formation principale des Raptors de Toronto, ayant souvent été freiné par la présence de Serge Ibaka et Marc Gasol dans l’alignement. Le départ de ces derniers a libéré les trois quarts des minutes disponibles à la position de centre. Numéro 2, derrière Aron Baynes et devant Alex Len, il espère maintenant gagner le poste de centre partant.

Pour ce faire, cependant, Chris Boucher devra d’abord gagner du temps de jeu. Si sa moyenne de temps sur le terrain en présaison était plus grande que celle de la saison dernière, les deux minutes 18 secondes supplémentaires qui lui ont été octroyées par l’entraîneur-chef de Toronto, Nick Nurse, sont loin d’être suffisantes pour que le Montréalais originaire de Sainte-Lucie puisse montrer toute l’étendue de son talent.

Aux yeux de Nurse, Chris Boucher a encore des croûtes à manger avant de s’établir comme un partant incontestable. S’il peut compter sur ce joueur au parcours inhabituel pour remplir le panier adverse, le coach des Raptors est toujours incapable de lui faire pleinement confiance dans sa zone, car, selon lui, Boucher n’accorde pas assez d’importance à cet aspect de son jeu. Pris à contre-pied en territoire offensif, celui-ci arrive trop tard plus souvent qu’autrement.

« Je crois que, pour nous, Chris doit avant tout défendre, récolter des rebonds et protéger le panier […] Il ne peut pas être ce genre de joueur qui n’est pas en mesure de maintenir sa position en attaque et espère qu’il la récupérera à l’autre bout », a laissé entendre Nick Nurse, à la suite de la défaite des Raptors face au Heat, lors du dernier match de la présaison de Toronto.

Chris doit avant tout défendre, récolter des rebonds et protéger le panier.

Nick Nurse, à propos de Chris Boucher.

Au sein du système de jeu torontois, les lacunes défensives de Chris Boucher détonnent. Alors que Kyle Lowry souhaite que les Raptors deviennent « un vrai monstre défensif » cette saison, l’équipe ne peut se permettre des problèmes du genre sur son effectif principal. Pour Boucher, c’est donc maintenant ou jamais qu’il faut les régler.

Jérémy Labrie

Ayant contribué à quelques médias sportifs amateurs au cours de son adolescence, Jérémy Labrie intègre, en 2017, l'option Médias du programme d'Arts, lettres et communication du Cégep Édouard-Montpetit avec une connaissance accrue du journalisme web. Maintenant étudiant en journalisme à l'Université du Québec à Montréal, il met son expérience au service du Club-École pour en faire une source d'information fiable et de qualité. Il a auparavant collaboré à deux reprises avec le pupitre sport du magazine étudiant L'Apostrophe. S'intéressant tout de même à la majorité des sports couverts par Le Club-École, il se spécialise dans le hockey et le basketball.

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